Samedi 25 mars, à peine deux jours après l’attentat terroriste qui a tué quatre personnes près de Westminster, c’est une vague jaune et bleue qui a inondé la capitale britannique, à l’occasion d’une marche nationale pour l’Europe, organisée par Unite for Europe. Ce jour là était en effet celui du 60ème anniversaire du traité de Rome instituant la Communauté économique européenne, quelques jours seulement avant que le gouvernement ne déclenche l’article 50 signant la sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Pour de nombreux Britanniques, le Brexit signifie catastrophe économique. Photos Elodie Souslikoff

Entre 40 000 et 50 000 personnes ont défilé dans les rues londoniennes, profitant d’une météo estivale que je n’avais encore jamais vu sur le sol britannique!

Une fois n’est pas coutume, la capitale britannique a bénéficié d’une météo ensoleillée.
Les Britanniques ne manquent pas d’humour et ont fait honneur à leur réputation durant la manifestation! (“Mon père lit le Daily Mail, je voudrais m’excuser”).
Quand il s’agit de se déguiser, on ne rigole pas Outre Manche…

L’occasion pour moi de me faufiler dans les rangs des manifestants et papoter avec tantôt des Anglais, des Allemands mais aussi des Français. Alors que je m’attendais à rencontrer surtout des étrangers européens, je suis surprise par le nombre de Britanniques présents.

C’est ainsi que j’entame la discussion avec Christopher et Caroline, deux Anglais ayant vécu en Italie, et qui s’inquiètent pour leurs amis vivant toujours là bas autant que l’atmosphère de division qu’entraîne, selon eux, le Brexit (voir vidéo).

Au détour d’une pancarte “I am not a bargaining chip” (“je ne suis pas une marchandise”) qui m’intrigue, je fais la connaissance de Béatrice, professeur d’allemand à Oxford, mariée à un Anglais et habitant le pays depuis plus de trente ans. Comme beaucoup, elle n’a jamais demandé la nationalité britannique tout simplement parce qu’elle n’en avait pas besoin. La conséquence? Elle n’a pas pu voter lors du référendum et son avenir l’inquiète.

Béatrice, une Allemande installée depuis trente ans en Angleterre, est venue avec son mari Britannique.

“Je viens protester aujourd’hui car le gouvernement a décidé de ne pas garantir le droit des Européens de rester sur le sol britannique et de se servir de nous comme marchandise puisque nous ne pourrons rester que sur une base de réciprocité (si les droits des Anglais en Europe le sont aussi). La presse allemande parle d’ailleurs de nous comme des otages… Je trouve ça dégradant et humiliant!”

Vous savez, parfois, on me demande d’où je viens, si je ne suis pas Polonaise… Et ce n’est pas sur le ton du compliment

“Je demande un droit de résidence permanent ainsi qu’une garantie d’accès au service de santé publique et je souhaite également que l’on garantisse ma contribution à la retraite. Je demande enfin une liberté de mouvement à l’intérieur de l’Union européenne… Je suis vraiment inquiète sur le futur de l’île qui va se retrouver isolée.”

 

L’issue du référendum n’a été pour elle qu’une demi-surprise :

“Ces dernières années, j’avais bien senti monter une vague anti européenne et un vent de xénophobie. J’étais vraiment inquiète quant à l’issue du référendum même si j’ai espéré jusqu’au bout que le “remain” l’emporte. Mais oui, on sent une montée xénophobe dans le pays. Parfois, on me demande d’où je viens, si je ne suis pas Polonaise… Et ce n’est pas sur le ton du compliment…”

Plus loin, c’est le T-shirt estampillé “48%” (en référence aux 48% qui ont voté pour rester dans l’Europe) de Gareth qui attire mon attention. Il a fait le déplacement depuis le Sussex, du côté de Brighton, pour exprimer son désaccord avec le Brexit. “Le pays a besoin des étrangers, d’un point de vue économique. Nous avons une économie qui se porte bien mais pour cela, nous avons besoin de gens avec certaines qualifications et spécialisations et donc de main d’oeuvre étrangère car il y a toujours eu ici une pénurie de travailleurs.” Pour lui, cette contribution est aussi culturelle : “C’est vraiment rafraîchissant d’avoir une mixité de personnes d’origines différentes dans cette ville”.

Pour Gareth, un entrepreneur vivant dans le Sussex, le pays a besoin des travailleurs étrangers.

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3 Comments

  1. Merci, Elodie! Your blog and the pictures are excellent. They truly capture the atmosphere of the march.
    Beatrice (the German who had come with her British husband)

    • Elodie Souslikoff Reply

      Thank you Beatrice for your comment and for replying to my questions!

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