La capitale thaïlandaise est la porte d’entrée sur le continent asiatique pour de nombreux voyageurs. Je n’ai pas fait exception à la règle et ai moi même atterri dans la capitale du pays du sourire lors de mon arrivée en Asie. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est dans le quartier chinois de Bangkok que j’ai trouvé ce que l’Asie du Sud Est a de plus savoureux : brouhaha, chaleur, sourire, odeurs épicées… Pour moi, c’est LE quartier de Bangkok à ne pas manquer, et je vais vous expliquer ici pourquoi et comment visiter ce bout de ville à l’atmosphère délicieusement chaotique.

1. Préparez-vous psychologiquement

On ne va pas se mentir, visiter le quartier chinois de Bangkok (et Bangkok de manière générale) n’a rien d’une promenade de santé. J’ai en effet été happée pendant une semaine dans un tourbillon urbain où les chauffeurs de tuk-tuk et les vendeurs de street food se mélangent aux habitants pressés ou aux touristes paumés, où les odeurs de curry masquent la puanteur des égouts, où les fils électriques s’entortillent par centaines les uns dans les autres, où les klaxons font partie du bruit de fond. J’ai aimé Bangkok car elle fait partie de ces villes qui, selon moi, ont une âme, et cette ambiance chaotique a lourdement pesé dans la balance.

L’apothéose de ce joyeux bazar se trouve à Chinatown, fameux quartier chinois de Bangkok ô combien typique, avec ses rues microscopiques, ses échoppes aux délicieuses odeurs, ses vendeurs à même le trottoir, ses maisons délabrées, ses klaxons assourdissants, ses piétons sans foi ni loi. Un vrai bain de foule à l’asiatique! Bref, vous l’aurez compris, visiter le quartier chinois de Bangkok est assez éprouvant. Voici mes conseils pour bien vous préparer :

  • Préférez des sandales de randonnées aux tongs. Même si le quartier n’est pas très étendu, vous allez beaucoup marcher, et sur des surfaces pas tout le temps très nettes… Mieux vaut avoir les pieds “armés” en conséquence!
  • Télécharger des cartes Google Maps. Le quartier chinois de Bangkok est un vrai labyrinthe : les rues sont minuscules, bondées, parfois très sombres et il n’y a pas énormément de touristes. Ce qui est génial, car c’est ce que vous êtes venu chercher : un quartier un peu plus authentique que le repaire pour backpackers de Khao San Road… Mais pour éviter de tourner en rond, je vous conseille soit d’emporter une bonne vieille carte, soit de télécharger des cartes Google Maps (ce qui vous permettra de vous repérer même si vous n’avez pas de connexion Internet). Mon sens de l’orientation légendaire (humour humour) m’a fait opter pour la deuxième solution et m’a clairement sauvé la mise à Bangkok, mais aussi lors de mon voyage au Japon et à Hong Kong!

=> Où se situe le quartier chinois :

  • Suivez les locaux pour traverser la route. Ce conseil s’applique particulièrement au quartier chinois de Bangkok, mais aussi de manière générale à toutes les villes asiatiques (sauf Singapour) dont le code de la route ne répond à aucun critère européen…
  • N’ayez pas peur! C’est peut-être le conseil le plus important : le quartier chinois de Bangkok est assez impressionnant, notamment pour les voyageurs qui n’ont jamais mis un pied en Asie. J’ai moi-même visité ce quartier avec une certaine appréhension au début (il s’agissait de ma première destination asiatique en tant que voyageuse solo), mais je ne me suis jamais sentie en insécurité, même en tant que femme européenne seule. Alors foncez!
Tuk-tuk, fils électriques et bâtisses délabrées font partie du charme de Chinatown, à Bangkok. Photo E.Souslikoff

2. Ne logez pas dans le quartier chinois

La règle numéro 1 si vous voulez profiter de ce quartier : arpentez-le la journée… mais n’y dormez pas! En effet, l’étroitesse des rues en fait un quartier étouffant et n’est, selon moi, pas vraiment propice au repos et au ressourcement…

Et même si le quartier est desservi par le métro, l’attrait touristique de la ville reste, selon moi, son centre historique, situé plus au nord (quartier des temples), non desservi par les transports en commun. Bien que n’étant pas fan de Khao San Road (trop touristique avec une vie nocturne très “Spring Break”…), ses environs sont idéaux pour se loger. En effet, à quelques encablures de la rue “dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom” (Khao San Road, pour ceux qui n’auraient pas suivi), vous pourrez trouver des auberges de jeunesse au calme et à des prix imbattables. Mon dernier conseil : essayez de trouver un hôtel à proximité du fleuve. Pourquoi? Rendez-vous au point suivant pour le savoir…

=> Où loger : je vous recommande Khaosan Immjai, une petite auberge de jeunesse située à une dizaine de minutes de la très animée Khao San Road. A 7 euros la nuit, l’établissement propose des dortoirs climatisés, calmes et très propres. Les propriétaires sont adorables. Ils m’avaient recommandé d’aller manger au Jokphochana Restaurant, un petit bouiboui dont les fried rice sont à tomber!

3. Prenez le bateau

Là aussi, c’est un conseil de base pour tout backpacker en herbe qui doit à la fois s’habituer à la chaleur, se repérer dans la ville, faire de multiples calculs de conversion de monnaie (croyez-moi, c’est vraiment contraignant), décliner les offres des chauffeurs de tuk-tuk… Bref, pour voyager tout en se reposant (et si comme moi, vous êtes nul en négociation de tuk-tuk), n’hésitez pas à prendre les bateaux fluviaux publics qui desservent une bonne partie de la vieille ville. Pour le quartier chinois, arrêtez-vous à Memorial Bridge ou Ratchawong (les noms des stations sont écrits en anglais). Les bateaux les moins chers, ceux que les locaux utilisent, sont reconnaissables à leur drapeau orange. Coût : entre 9 et 30 baths (soit 0,20 à 0,70 euro). Bouffée d’air frais garantie!

Exemple de ponton d’embarquement. Photo E. Souslikoff

4. Préparez votre itinéraire…

J’entends déjà les ayatollahs du voyage improvisé s’étouffer mais je persiste : pour profiter à fond de ce qu’une ville totalement inconnue a à offrir, un minimum de planification s’impose. Parce qu’il serait dommage de passer à côté d’un temple, d’une boutique, d’une rue ou d’un bâtiment par ignorance, j’ai soigneusement préparé mon itinéraire. Là encore, le guide du Routard m’a bien aidée.

L’endroit à ne pas manquer, selon moi : Yaowarat soi 6. Probablement la plus riquiqui et la plus fascinante des rues où j’ai jamais mis les pieds : on y croise des Chinois usés par le temps, des stands de nourriture vendant des produits non identifiés, des odeurs indéfinissables, des parasols de toutes les couleurs, le tout bercé par les conversations des vendeurs chinois. Les tentes qui recouvrent les stands bloquent la lumière naturelle, ce qui donne une ambiance presque intimiste à cette petite rue commerçante. Difficile d’imaginer, à quelques mètres de là, le tohu-bohu de l’artère principale de Chinatown (Yaowarat Road), où le concert des klaxons est à la limite du supportable…

Le plus simple est donc de définir un itinéraire pour se rendre dans cette petite ruelle. De cette façon, vous allez arpenter le quartier un peu à tâtons mais avec un but : trouver le fameux soi 6!

L’artère principale, bruyante mais si typique! Photo E. Souslikoff

… Mais pas trop!

Parce que je suis une partisane de la juste mesure, je vous conseillerais tout de même de ne pas trop planifier votre itinéraire, au risque de passer l’après-midi les yeux rivés sur votre carte. Le quartier chinois de Bangkok regorge de pépites, où que vous alliez, vous en prendrez plein les yeux. C’est en me perdant dans ses petites rues que je suis par exemple tombée sur ce que j’appelle “l’artère des mécaniciens”, remplie de garages avec, à l’entrée, à même le trottoir, des monticules de pièces de moteur, carrosseries… très étrange!

J’ai aussi découvert un bout de Little India, le quartier indien, un peu moins coloré selon moi mais tout de même intéressant à voir!

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