Photo ©edmehravaran

Vous vous apprêtez bientôt à visiter Berlin, la capitale de l’underground, de la Currywurst et de feu la Prusse ? Avant d’avaler votre première Wurst (saucisse) ou de vibrer sur les rythmes techno les plus décadents de ses clubs, voici quelques informations pratiques sur les us et coutumes berlinois. Des informations que j’aurais bien aimé connaître lors de mon premier séjour dans la capitale allemande et qui, je l’espère, faciliteront votre découverte de cette bouillonnante ville qui a beaucoup, beaucoup à offrir, pour un peu qu’on connaisse ses codes !

Tout ce qu’il faut savoir avant un séjour à Berlin 🇩🇪 💡

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Même prendre des photos ne s’improvise pas à Berlin ! ©edmehravaran

1. La ville est desservie par deux aéroports

Pas besoin d’habiter à Berlin depuis une décennie pour le savoir mais cette information peut être utile si vous devez réserver un hébergement proche d’un transport desservant l’aéroport, ou pour calculer vos itinéraires. L’aéroport historique, Tegel, qui dessert les compagnies nationales et certains vols low cost, se situe au nord ouest de Berlin, et est relativement proche du centre-ville (8 km). L’aéroport des compagnies low cost, Schönefeld, se situe quant à lui au sud-est de Berlin, à une vingtaine de kilomètres du centre. Il est desservi par le S Bahn, le train urbain, mais le trajet est assez long (entre 45 minutes et 1h).

Psssst : pour plus d’informations, vous pouvez consulter mon article détaillé sur les aéroports à Berlin.

2. Les cartes bleues sont refusées dans de nombreux commerces

Cela a le don d’agacer nombre d’expatriés (dont moi) et de surprendre plus d’un touriste : la plupart des commerces qui ne sont pas des chaînes (restaurants, bars, épiceries, pharmacies, cafés, etc.) n’acceptent pas les cartes bleues. Mon conseil : ayez toujours de l’argent liquide sur vous. Je me suis fait avoir plusieurs fois et ai dû retirer des espèces en catastrophe dans le premier distributeur trouvé, avec, en prime, plusieurs euros de frais prélevés sur mon compte. En effet, les distributeurs qui se trouvent dans les petites épiceries (appelées Späti) prennent des commissions (environ 4 euros) lors de retraits. L’idéal est donc de retirer un montant suffisant à couvrir vos dépenses quotidiennes au distributeur d’une banque (type Sparkasse). Etonnant dans une ville aussi branchée que Berlin, devenue la terre d’accueil de nombreuses start-up digitales, à l’image de la banque en ligne N26…

Pourquoi l’argent liquide est préféré ?
Il ne s’agit que de ma théorie mais, d’après mes informations, les Allemands, traumatisés par la crise hyperinflationniste de 1923 (la hausse des prix étaient telle que le prix d’un repas changeait entre l’entrée et le dessert), auraient gardé l’habitude de tout payer en argent liquide. Il faut dire que la crise eut des conséquences particulièrement graves : menace de famine, chômage de masse, montée des extrêmes politiques, etc. Comme souvent à Berlin, l’histoire explique bien des choses !

3. De nombreux bars et clubs sont fumeurs

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A Berlin, la cigarette est autorisée dans de nombreux bars.

C’est le côté régressif de la vie berlinoise. Contrairement au Royaume-Uni où la cigarette est l’ennemi public n°1, Berlin tolère plutôt bien les accros au tabac. La raison ? En 2007, le gouvernement fédéral a voté une loi anti-tabac, qui incluait les lieux publics mais aussi les bars et restaurants. L’installation de fumoirs était cependant autorisée. Mais voilà, suite aux plaintes de petits commerçants qui n’avaient pas les moyens d’installer de telles salles dans leurs établissements et y voyaient là une mesure discriminatoire face aux commerces les plus fortunés, la Cour Constitutionnelle Fédérale a levé l’interdiction dans les établissements de moins de 75m2. Voilà pourquoi de nombreux Kneipe (l’équivalent berlinois de nos bistrots) sont encore aujourd’hui fumeurs.

Quels sont les établissements non-fumeurs à Berlin ?
Si vous êtes non-fumeur (bravooo!), voici un bon moyen de savoir où aller siroter une Berliner Kindl sans attraper un cancer après avoir avalé deux gorgées de bière :
– La cigarette est prohibée dans les restaurants et tout lieu où de la nourriture est préparée.
– Il est, en théorie, interdit de fumer dans les boîtes de nuit.
– Il est interdit de fumer dans les bars de plus de 75 m2.

Souhaiteriz-vous avoir une liste précise de bars non-fumeurs à Berlin ? Si oui, faites-le moi savoir dans les commentaires !

4. L’eau du robinet n’est en général pas disponible au restaurant

C’est le cas dans bien des pays étrangers et l’Allemagne ne fait pas exception à la règle : la carafe d’eau est absente des repas au restaurant. C’est frustrant pour nous les Frenchies, habitués à consommer de l’eau gratuite (et du pain) lorsque l’on mange à l’extérieur mais il va falloir vous adapter lors de votre séjour au pays de la bière ! Vous pouvez cependant tenter le coup (eau du robinet se dit Leitungswasser en allemand) car certains établissements vous apporteront peut-être, à défaut d’une carafe, un verre d’eau. Autrement, vous pouvez suivre les locaux et commander une pinte de bière, souvent moins chère que l’eau, pour vous rafraîchir entre deux bouchées ! Personnellement, j’accompagne souvent mes repas d’une infusion (celles au gingembre ou au citron contiennent de vrais morceaux !), moins chère qu’une bouteille d’eau et tout aussi désaltérante.

Si vous commandez de l’eau en bouteille, précisez-bien « Stillwasser » si vous souhaitez de l’eau plate car sinon, il y a de grandes chances que l’on vous serve de l’eau pétillante (les Allemands en sont adeptes) !

5. Les tickets de transport à la journée sont valables plus d’une journée

C’est une petite astuce que je n’ai appris que tardivement : les tickets à la journée, qui coûtent 7 euros, sont valables jusqu’au bout de la nuit, plus précisément jusqu’à 3 heures du matin du jour suivant l’achat de votre ticket, peu importe l’heure d’achat. Vous pouvez donc arpenter la ville à votre guise toute la journée et explorer la trépidante vie nocturne berlinoise jusqu’à 3 heures du matin en utilisant le même ticket. De plus, si vous voyagez avec des enfants, sachez que le ticket journalier comprend jusqu’à 3 enfants en 6 et 14 ans. Pas besoin d’acheter de tickets pour eux donc !

6. La plupart des bouteilles sont consignées

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Les bouteilles laissées dans la rue sont ramassées par les moins fortunés, qui récupèrent la consigne en les ramenant dans les supermarchés.

Quand je suis arrivée à Berlin, j’ai été frappée par deux choses : les habitants boivent de la bière partout (dans le métro, en attendant le feu vert sur leur vélo, dans la rue…) et laissent le contenant, une fois la boisson consommée, sur les trottoirs, au-dessus des poubelles, bref, n’importe où sauf dans les containers spécifiquement prévus à cet effet. Etonnant dans un pays où le tri et l’ordre sont des règles d’or !

Bien sûr, rien n’est laissé au hasard. Car la plupart des bouteilles en verre et en plastique sont consignées (on appelle ce système Pfand) dans les supermarchés pour être recyclées ou réutilisées. Une mesure que les moins fortunés (retraités ou SDF) utilisent pour se faire de l’argent de poche, en ramassant les bouteilles trouvées dans la rue pour les rapporter aux consignes. Les habitants ont donc pris l’habitude de laisser leurs bouteilles sur ou autour des poubelles afin d’éviter aux personnes qui les ramassent de fouiller dans les poubelles et risquer de se blesser. 

Comment reconnaître les bouteilles consignées ?
Pour reconnaître les bouteilles à consigner, vous devez trouver un sigle sur l’étiquette de la bouteille (voir photo ci-dessous). Les bouteilles à usage unique (en plastique par exemple) font l’objet d’une consigne de 25 cts tandis que celles qui peuvent être réutilisées (bouteilles en verre) sont quant à elles consignées moins « chères » (car considérées comme non polluantes), entre 8 et 15 cts. Sachez enfin que les bouteilles de vins, spiritueux, de lait, les jus de fruit, les contenants en carton et les bouteilles de plus de 3 litres ne sont jamais consignés.

7. Le Berlinois n’aime pas être photographié

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Sur le marché turc de Kreuzberg, le cliquetis des appareils photo peut agacer… ©elodiesouslikoff

Moi qui aime la photo de rue, je me suis pris cette réalité en pleine figure lors de mon premier séjour à Berlin. Stand de souvenirs communistes, vendeuse sur un marché ou même saucisse dans la vitrine d’un commerce : je me suis fait copieusement rabrouer (et croyez-moi, en allemand, ce n’est pas très agréable !) lorsque j’ai voulu immortaliser ces bouts de vie et de ville qui avaient capté mon attention. Ce que je ne savais pas à l’époque, c’est que le respect de la vie privée est une notion à laquelle les Allemands tiennent sûrement autant qu’à leurs Birkenstock. Dans une ville qui fut le siège du régime nazi et où un quart de la population fut fichée par la Stasi sous la RDA, cela peut d’ailleurs se comprendre ! Faites donc attention lorsque vous dégainez votre appareil photo et veillez à ne pas immortaliser de passants en premier plan.

Les Allemands et le respect de la vie privée
Saviez-vous qu’Outre Rhin, la plupart des utilisateurs de Facebook utilisent un pseudonyme ? Une loi autorise en effet les Allemands à ne pas utiliser leur vrai nom sur le réseau social de Mark Zuckerberg. Essayez également d’utiliser Google Street View. A Berlin, de nombreux immeubles ont été floutés et la mise à jour n’a pas été effectuée depuis 2008. Le projet de Google a en effet été particulièrement critiqué lors de son lancement en Allemagne, et pas moins de 240 000 personnes avaient exigé que leurs habitations soient floutées. Résultat ? Google n’aurait jamais actualisé les photos, de toute façon uniquement disponibles dans une vingtaine de villes du pays.

8. Le Berlinois est parfois grognon

Vous allez le remarquer assez vite : l’hospitalité n’est pas vraiment le fort des Berlinois. Je ne compte plus les fois où je me suis fait servir, au restaurant comme dans les cafés et bars, par un serveur mal luné qui ne faisait rien pour cacher sa mauvaise grâce. Je me rappelle aussi cette scène surréaliste dans un magasin de plantes où j’ai dû presque faire une scène pour pouvoir payer le cactus que le vendeur, littéralement, refusait de me vendre, sous prétexte que mon appartement n’était pas assez lumineux pour accueillir le spécimen végétal. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on ne vous pousse pas à la consommation ici !

Bref, Berlin ne s’embarrasse pas avec les rictus et autres formules de politesse, et si cela peut surprendre au premier abord, c’est aussi assez libérateur les jours où, vous non plus, vous n’avez pas envie de faire risette à votre voisin dans le métro.

Le Berliner Schnauze, le franc-parler berlinois
La mauvaise humeur des habitants de la « dark city » est tellement célèbre dans le pays de Goethe qu’elle porte même un nom : le Berliner Schnauze. Schnauze signifie littéralement museau et exprime le dialecte berlinois mais aussi l’attitude rustique qui l’accompagne. Ne vous méprenez pas cependant, car si le Berlinois peut grogner si vous ne sortez pas de la rame de U-Bahn assez rapidement, il est aussi le premier à donner quelques pièces au SDF qui réclame un peu de réconfort. Sans un sourire, bien sûr, mais tout de même !

9. Les cyclistes règnent en maître sur la circulation

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Les parkings à vélo improvisés font aussi partie du charme de Berlin ! ©elodiesouslikoff

Berlin appartient aux petites reines. Gardez cette règle en tête et tout ira bien pour vous ! Règle numéro 1 : ne jamais ô grand jamais empiéter sur les plates-bandes des cyclistes, en d’autres termes, les pistes cyclables, très nombreuses à Berlin. De toute façon, si vous marchez accidentellement dessus, vous vous ferez bien assez tôt rappeler à l’ordre. Règle numéro 2 : regardez toujours avant de traverser une piste cyclable (ou même la route) si aucun fou furieux sur deux-roues n’est engagé, car il y a peu de chance qu’il ralentisse pour vous céder le passage (il se pourrait même qu’il vous insulte copieusement). Bref, vous l’aurez compris, le cycliste règne en roi de la jungle urbaine à Berlin et il va falloir adapter vos manières pour cohabiter en paix sur son territoire !

Les piétons ne traversent que quand le bonhomme est vert

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Au rouge, rien ne bouge ! ©elodiesouslikoff

Toujours dans le registre de la circulation, sachez que le Berlinois, comme partout en Allemagne d’ailleurs, respecte scrupuleusement les feux piétonniers (qui ont d’ailleurs été créés sous la RDA à Berlin). Ville cosmopolite, touristique et rebelle à la fois, la capitale allemande fait cependant preuve d’une certaine souplesse. Il est donc peu probable que l’on vous verbalise si vous traversez lorsque le petit bonhomme (appelé Ampelmann) est rouge mais attendez-vous à quelques regards courroucés. Et surtout, vous risquez d’être le seul (ou presque) à braver l’interdit, ce qui est assez étrange les premières fois !

Montrer l’exemple aux enfants
J’ai appris cette règle implicite il y a peu. Si traverser lorsque le feu est rouge n’est pas le pire des sacrilèges à Berlin (bien que pas très bien vu), il est une attitude qui déclenche l’ire des Berlinois (gare au fameux Schnauze !) : traverser au rouge en présence d’enfants. Cela montre en effet le mauvais exemple à la jeune génération et a le don de faire paniquer les parents qui essaient d’inculquer à leur progéniture l’importance du respect des règles, une valeur allemande essentielle. Attendez donc quelques secondes de plus au passage piéton lorsque vous êtes en présence de têtes blondes 😉

Connaissiez-vous ces astuces et faits sur Berlin? Laissez votre avis dans les commentaires, ça m’intéresse !

Commentaires Facebook

4 Comments

  1. Cet article m’aurait bien été utile il y a 3 ans ahah ! J’ai été très étonnée par beaucoup de chose dont tu parles lors de mon passage à Berlin, et en particulier l’hostilité des berlinois. Pour ne citer qu’un exemple : à chaque fois qu’au restaurant nous avons pris une boisson pour deux (puisque comme tu le dis il n’y a pas d’eau du robinet, et à cette époque j’etais encore étudiante donc pas évident de se payer des boissons à plus de 3 euros à tous les repas), les serveurs se moquaient littéralement de nous ! Et ouvertement ! L’image du « français radin » devait les faire rire il faut croire.
    Bref je t’avoue que ça m’avait laissé un mauvais souvenir de Berlin, car il y a pleins d’autres anecdotes comme celle-ci, mais ton blog et ton compte Instagram me donnent envie de retenter l’experience avec un tout nouveau regard.

    • Elodie Souslikoff Reply

      Oui ça m’est déjà arrivé aussi, ça fait partie des points négatifs de la ville mais il y a une telle richesse, architecturale, culturelle, sociétale-même, que j’ai appris à prendre du recul sur cette apparente hostilité de certains Berlinois!

      Et merci, tu ne peux pas me faire plus plaisir si le blog et les photos Insta te motivent à retenter l’expérience!

      Elodie

  2. Ah la technologie, j’ai publié le commentaire sur facebook aha
    Je disais : « ahaha merci pour ces précieux conseils! On pense souvent à organiser un weekend à Berlin avec Amélie, on le fera donc à vélo si c’est le cas 😉 Concernant la traversée des passages piétons il ne vaut mieux pas qu’ils viennent en Italie sous peine d’infarctus ^^ »

    • Elodie Souslikoff Reply

      Oh oui, optez pour le vélo, vous pourrez voir beaucoup plus de choses et expérimentez le lifestyle à la berlinoise ! Je n’ose même pas imaginer le bazar en Italie concernant la conduite ! Mais ça fait aussi partie du folklore du pays j’imagine.

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