Un domaine très parlant pour bien comprendre les ficelles des inégalités hommes-femmes est celui de la différence de salaire.
En 2022, selon l’Insee, le salaire moyen d’une femme dans le secteur privé, à poste et temps de travail égaux, était de 4% inférieur à un homme. On pourrait se dire que ce n’est finalement pas si grave et que les inégalités hommes femmes ne sont plus si criantes. Cependant, c’est ignorer une réalité plus « globale ». Car si l’on ne tient pas compte du temps de travail et du poste, les femmes, dans le secteur privé, gagnaient en moyenne en 2022 23,5% de moins que les hommes.
Toujours selon l’Insee, « ces différences de salaire s’expliquent par la répartition genrée des professions : les femmes n’occupent pas le même type d’emploi et ne travaillent pas dans les mêmes secteurs que les hommes et accèdent moins aux postes les plus rémunérateurs ».
Cet écart s’explique donc par un sexisme dit systémique, c’est-à-dire qui renvoie à des stéréotypes de genre bien ancrés dans notre société, et qui favorise les hommes au détriment des femmes. Par exemple, le fait que les femmes soient conditionnées à s’occuper des enfants et du foyer a une conséquence économique directe : elles travaillent plus à temps partiel, et donc gagnent moins d’argent. Le défi n’est donc pas tant l’égalité de salaire stricto sensu entre un homme et une femme sur un poste et un temps de travail similaires, mais bien l’accès des femmes aux mêmes postes que les hommes.